Pour aimer Montauban, il faut connaître aussi son histoire : Hommage à Léon Bronchart

Article relayé avec l’accord de son auteur Jacques FASAN

Hommage à Léon Bronchart, né le 11 septembre 1896 à Bapaume (Pas-de-Calais) et mort le 25 septembre 1986 à Saint- Avertin … il travailla comme cheminot à la gare Villebourbon de Montauban (T-G).

Jeudi soir 21 novembre FR3 diffusait « La SNCF sous l’occupation » de Catherine Bernstein .
Le cas de Léon Bronchart cheminot Montalbanais a été furtivement évoqué . 
Son histoire n’est connue que depuis 1998. (cachée longtemps par la SNCF elle-même) .
Il est le seul cheminot en France à avoir refusé de conduire un convoi de juifs vers l’est .

Bien avant le début de l’occupation de la zone libre en novembre 1942 , il s’engage en résistance dans le réseau Combat. Il fournit des faux papiers à des juifs et leur file des uniformes de la SNCF pour qu’ils puissent gagner l’Italie plus facilement.
Le 31 octobre 1942 est son plus beau fait d’arme. Il est à Montauban, en zone libre, avec sa locomotive. Il assiste à une curieuse manœuvre de wagons rajoutés à son train avec des policiers français aux marche-pieds.

Quand il apprend que c’est un convoi de déportés Juifs et politiques pour les camps, il refuse de conduire le train. Le chef de gare, le sous-chef de dépôt, le chef de dépôt, et même un inspecteur viennent lui intimer l’ordre d’atteler sa locomotive. Mais non, malgré les menaces de licenciement , il ne partira pas livrer des juifs à la mort. 
Quelques jours plus tard malgré sa hiérarchie il réitère en refusant de conduire un convoi de soldats allemands .
Le réseau auquel participe Léon Bronchart mène de nombreuses opérations : sabotages, distributions clandestines de journaux et de tracts, attentats, etc. 

A Montauban le 29 janvier 1943, il est arrêté à son domicile par les Allemands, ainsi que son fils aîné âgé de 20 ans cette année-là. Tous deux sont interrogés et atrocement battus au siège de la gestapo par les soldats du sanguinaire nazi Félix Stotz au 3 faubourg du Moustier à Montauban. 
Faut-il rappeler que le faubourg est le siège de la collaboration départementale. A quelques dizaines de mètres de l’antenne de la Gestapo, au numéro 75, la Milice s’est installée.
Ils sont ensuite déportés, toujours ensemble, passant à Oranienburg, en mai 1943 ils sont transférés à Falkensee son fils reste là. 
Quant à Léon Bronchart, il part à Buchenwald et sera envoyé à Dora où il sera affecté au kommando des électriciens. 
Miraculeusement rescapés après deux ans passés dans les camps de la mort le père et le fils se retrouvent à Montauban à la libération, auprès de l’épouse et mère Charlotte qui depuis leur départ, était entrée en résistance aux côtés de l’héroïque montalbanaise Marie-Rose Gineste …. 
Comme cette dernière, le titre « Juste parmi les nations » lui est décerné en 1994 .


Selon le mémorial de Yad Vashem il est le seul cheminot français qui ait refusé de conduire un train de prisonniers.

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